Lorsque j'ajoute des pigments, le problème est le temps.
Plus d'un mois avant de voir ce qu'il devient réellement.
Pas de correction rapide.
Pas de décision immédiate.
Je ne veux pas d'une couleur qui se lise comme ajoutée.
Quelque chose est posé sur le dessus.
Le ciment blanc est très réactif, mais la logique du dosage reste compliquée.
La recherche d'une couleur dite naturelle reste la meilleure option.
Je réduis donc.
J'ajoute une petite quantité de pigments, parfois volontairement trop pâles.
Je préfère pouvoir y revenir plus tard, une fois qu'il est sec,
plutôt que de devoir supprimer ce qui est déjà trop présent.
Cette semaine, c'est ce pot qui a été commandé.
Le client a demandé une version wabi-sabi.
Il fonctionne bien.
Du pur wabi-sabi.
Les imperfections restent visibles.
Rien n'est trop lisse.
Rien n'est totalement contrôlé.
Il y a un silence visuel.
L'objet ne cherche pas à séduire.
Il existe.
La matière passe avant l'esthétique.
Vous pouvez sentir la main.
Le temps.
Utilisation possible.
Il y a aussi cette retenue.
Une légère mélancolie.
Non souligné.
Mais essentiel.
Je m'arrête ici.
Le reste prendra du temps.
Ce texte s'inscrit dans le cadre de la Hors Série - Fragments de matière,
un espace dédié aux matériaux, aux processus et à ce qui se passe entre les deux.
